. Saïda Menebhi .

Portrait à l'aquarelle : Saïda Menebhi , d'espoir et de lutte

Portrait MENEBHI Saïda

Dans la palette vibrante de l’aquarelle, se dessine le portrait de Saïda Menebhi, une figure emblématique qui a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire marocaine.

 

Née en septembre 1952 à Marrakech, Saïda s’est élevée au-delà des limites imposées à son époque pour devenir professeur d’anglais, féministe ardente, et militante du mouvement marxiste-léniniste marocain « Ila Al Amame » (« En avant » en arabe), actif dans les années 1970.

Dès ses premiers pas à l’université de Rabat, Saïda s’est engagée passionnément dans le syndicat étudiant Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM), affilié à la « Voie démocratique », composante communiste revendiquant l’indépendance du Sahara occidental. Elle a dédié deux années de sa vie à enseigner l’anglais à Rabat après avoir suivi une formation au centre pédagogique régional.

Saïda, éclairée par les idéaux du mouvement marxiste-léniniste « Ila Al Amame », a bravé la clandestinité tout en étant membre de l’Union marocaine du travail (UMT), le premier syndicat marocain. Son engagement politique l’a conduite à être arrêtée en janvier 1976 à Rabat, marquant le début d’une période de détention où elle a subi des tortures physiques et psychologiques.

Au « procès de janvier-février 1977 de Casablanca », Saïda Menebhi, aux côtés de 138 autres inculpés, a maintenu son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui et a dénoncé la situation oppressive des femmes au Maroc. Condamnée à 5 ans de détention, avec deux années supplémentaires pour « injure à magistrat », elle a été incarcérée à la prison de Casablanca.

Saïda a choisi de se battre jusqu’au bout, entamant une grève de la faim de 34 jours pour protester contre les conditions carcérales. Tragiquement, elle s’est éteinte le 11 décembre 1977, à l’âge de 25 ans, à l’hôpital Averroes de Casablanca, faute de soins appropriés.

Outre son engagement politique, Saïda Menebhi était également une poétesse intrépide. Ses poèmes, écrits avant et pendant son emprisonnement, sont des témoignages poignants de son combat contre le régime oppressif de Hassan II et de son rêve d’une société meilleure. Dans l’un de ses poèmes, elle déclare avec force que la prison ne doit pas persister dans l’avenir qu’elle imagine pour les enfants.

Aujourd’hui, à travers le doux mélange des couleurs de l’aquarelle, le portrait de Saïda Menebhi capture la résilience, la détermination et l’héritage d’une femme qui a défendu courageusement ses convictions, laissant derrière elle un récit indomptable d’espoir et de lutte.

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Sarah Ponceblanc_ Illustratrice lyonnaise

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