C'est Quoi ?
Oui, j’ai commencé tôt.
Genre « Tôt ».
Comme j’étais sûre de mon talent, j’ai dessiné au marqueur indélébile dans la montée d’escalier de mes parents. A cette époque j’étais dans le genre abstrait.
Mes œuvres étaient à la hauteur, littéralement, de mon génie : 50 cm.
Après, l’écriture est venue. Je suis devenue du genre affirmative. J’affichais fièrement ma street-attitude, en intérieur, en arguant à la face de l’humanité :
« Je suis une fille ».
Puis le goût de la matérialité de l’environnement m’a saisi. Je découpais, faisais fondre, brisais pour expérimenter les changements de matière. Les victimes affirmeront surement qu’il s’agissait juste des méfaits d’une sale gosse mais, réellement, j’avais cette fascination du changement de matière.
Voir le marteau s’enfoncer dans le mur de plâtre était un attrait esthétique indéfinissable.
Je m’amusais à copier les œuvres des grands ( que j’ai découvert moins grands par la suite) et les BD ont travaillés en moi le gout des scénarios et la fascination pour ce talent incroyable du récit en image.
Je n’ai jamais arrêté sans jamais non plus lui laisser la première place.
Je me suis lancée en tant qu’illustratrice en revenant de voyage. Non pas que mes chakras s’étaient ouverts ou que mon troisième œil avait fait le taff. Mais simplement parce que j’avais partagé des émotions et des histoires à travers des textes et des mises en dessins. C’est ce pont avec les autres qui m’avait plu.
Je m’étais dessinée en Bd pour raconter.
J’avais photographié pour emmener.
Et écris pour décrire.
Parce que ces moments avaient existés par définition ils étaient possibles.
Je crois que c’est là que j’ai développé mon goût de la narration à travers de multiples médiums.
Raconter les espaces, les gens, les ressentis, cela les faisait vivre dans mon musée intérieur, une manière de célébrer leur beauté et leur unicité.
Leurs éphémères l’étaient moins.
Depuis, je m’autorise à loisir et selon les fluctuations du vent à m’éloigner et à revenir à la création visuelle.
Je me suis inventée 20 000noms. Aujourd’hui, c’est donc Banc’oh. C’était devenu un tic de langage.
Parce-qu’ « il m’a dit Banco ». C’est le Oui qui sonne comme une évidence.
Un « oui, on y va, on teste, on le fait ».
Toutes mes créations sont un cabinet mouvant de curiosités sur le monde.
